Arthur Bauchet : « Il faut avoir beaucoup d’imagination pour s’occuper »

Malgré la fin de saison prématurée, Arthur Bauchet, 19 ans, a décroché son premier gros globe de ski alpin handisport, en catégorie debout. Pour Rue des Confinés, le quadruple médaillé paralympique (2018) et triple champion du monde (2019) revient sur sa saison, ses entraînements pendant le confinement et ses études à la maison.

Comment vous occupez-vous depuis le début du confinement ? 

Il faut se creuser la tête pour trouver des exercices différents à faire. Comme on n’a pas le matériel habituel, il faut beaucoup d’imagination. Notre saison s’est terminée prématurément, donc je suis plus dans une optique de préparation de l’été. Je fais pas mal de gainage, d’abdominaux, d’exercices pour les bras. Je travaille surtout le haut du corps.

Cet été, je vais me concentrer sur la préparation physique, donc je me prépare en amont. J’ai de la chance d’être un athlète d’hiver, donc je ne dois pas être à fond pour reprendre la compétition à la sortie du confinement. Mais tout mon travail de printemps m’aidera pour la préparation de cet été.

La saison s’est terminée plus tôt que prévu. Comment avez-vous réagi à cette annulation ?

On avait une grosse tournée prévue en Suède et en Norvège en mars, qui a été annulée au dernier moment, donc on a perdu une dizaine de courses sur la saison. Au début, on a été un peu déroutés, mais après réflexion, c’est une décision acceptée de tous. 

Quel bilan tirez-vous de cette saison ? 

Je pouvais difficilement rêver d’un meilleur début d’année 2020. Je suis parti sans objectif de fin de saison, je voulais tâter le niveau mondial, tester des choses, avant l’année prochaine, qui sera charnière (NDLR : les Championnats du monde et le Test Event pour les Jeux paralympiques de 2022 auront lieu pendant l’hiver 2021). Mais finalement, ça a bien marché : 13 podiums en 15 courses, dont 11 victoires. C’est la meilleure saison que j’ai faite depuis le début de ma carrière. L’année prochaine, j’aurai trois titres à défendre aux Championnats du Monde et on va découvrir les pistes des Jeux, ça va être génial !

Vous êtes en licence de Sciences à l’université de Grenoble. Profitez-vous du confinement pour vous consacrez à vos études ?

Oui, le confinement va m’aider à rattraper mon retard sur les cours. Cette année, pendant la saison, j’ai eu le temps de bien avancer, grâce au calendrier. On avait presque la moitié des courses qui devaient se dérouler en mars, donc j’avais plus de temps en janvier et février pour m’avancer. Mes plans ont été chamboulés, donc je vais peut-être réussir à valider quelques matières.

Les cours à la maison, ce n’est pas trop difficile ?

Ça ne me change pas beaucoup mes habitudes, puisque je dois aller à la fac deux ou trois fois par an maximum. Le reste du temps, je travaille avec mes professeurs par mail, ils sont assez disponibles, mais les mails ça prend toujours plus de temps, donc c’est parfois plus difficile. Quand sur les fiches de cours, c’est écrit « voir TP », et que les TP (NDLR : travaux pratiques), tu ne les fais pas à distance, on est un peu pénalisés (rires). Concernant nos partiels, je ne sais pas encore comment ça va se passer. 

Vous avez intégré cet hiver la FDJ Sport Factory, qu’est-ce que cela vous apporte ?

C’est un partenariat jusqu’aux Jeux paralympiques de Pékin en 2022. Il nous apporte un soutien financier, et nous aide aussi sur le plan de l’éducation. Les responsables nous suivent également dans notre cursus professionnel. 

Salomé Chauvet.

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