Comment se passe le déconfinement à travers le monde ?

La France débute ce lundi 11 mai son déconfinement, après 55 jours de confinement et un bilan de 175 027 cas de coronavirus confirmés. A travers le monde, plusieurs pays sont déjà passés par cette étape cruciale. Entre retour à la normale et risque de seconde vague, tour d’horizon des différentes mesures de déconfinement dans des pays-clés de l’épidémie.

Chine (82 963 cas confirmés au 10 mai)

A Wuhan, la situation semblait avoir été contrôlée. Dès le 8 avril, la ville épicentre de la pandémie mondiale a pu entamer son déconfinement. Les écoles et commerces ont rouvert, non sans crainte d’une seconde vague potentielle. 

Depuis quelques jours, les inquiétudes des scientifiques semblent se concrétiser. Plusieurs nouveaux cas ont été détectés, les autorités ont fait état de cinq nouveaux cas ce lundi dans la ville. 

D’autres villes chinoises ont été récemment placées en quarantaine après une relative hausse du nombre de cas. 

Corée du Sud (10 909 cas confirmés au 10 mai)

La Corée du Sud a longtemps été citée en exemple pour sa gestion de la pandémie : de nombreux tests, des masques en nombre suffisant et une distanciation sociale respectée. Le pays n’a pas eu besoin de décrété un confinement strict pour contrôler le nombre de cas sur son territoire.  

Mais depuis quelques jours, elle fait face à une nouvelle augmentation du nombre de cas, notamment dans la capitale. Dans la nuit du 1er au 2 mai à Séoul, un homme s’est rendu en boîte de nuit et a contaminé une cinquantaine de personnes. Le maire de la capitale a dû interdire l’ouverture des discothèques. Il a été suivi par plusieurs autres villes coréennes. 

Japon (15 777 cas confirmés au 10 mai)

Au Japon, 27 des 47 préfectures du pays ont décidé d’alléger les mesures dès le 8 mai. Les Japonais n’ont jamais eu un confinement aussi strict que celui que nous connaissons en France. Malgré un encouragement à rester à la maison, ils n’ont jamais arrêté de travailler en présentiel et les bars et restaurants sont restés ouverts. 

Mais ils sont invités à la prudence : préférer les achats sur Internet, éviter de se déplacer en groupe ou aux heures de pointe… pour éviter une seconde vague de l’épidémie. L’île d’Hokkaido en a fait les frais. Après avoir décidé un déconfinement le 19 mars et la réouverture des écoles, l’île a dû remettre en place le confinement au 12 avril à cause d’une augmentation des cas. 

Italie (219 070 cas confirmés au 10 mai)

Le déconfinement a commencé dès le 4 mai dans ce pays qui a été très durement touché par le coronavirus. 4,5 millions d’Italiens, qui ne sont pas en mesure de télétravailler, sont donc retournés au travail. Des mesures de sécurité supplémentaires ont été mises en place dans les entreprises : prise de température, gel hydro-alcoolique, port du masque et des gants, distanciation sociale… 

Le télétravail reste cependant encouragé. Les bars et restaurants n’ont pas été autorisés à rouvrir mais peuvent faire de la vente à emporter. Les commerces de détail ne peuvent pas non plus reprendre et les écoles restent fermées jusqu’en septembre. 

Allemagne (171 879 cas confirmés au 10 mai)

Les Allemands ont commencé à goûter au déconfinement dès le 20 avril, mais celui-ci a été largement accéléré début mai avec la réouverture des commerces, des écoles et la reprise du tournoi de football de la Bundesliga à huis-clos. Pour la réouverture des restaurants, des hôtels ou des salles de cinéma, chacune des 16 régions allemandes a l’initiative. 

Mais depuis que le déconfinement a été élargi, l’Allemagne fait face à un ressaut du nombre d’infection. Le taux de transmission du virus (le R₀) est remonté de 0,7 au 16 avril à 1,1 ces derniers jours, ce qui signifie qu’une personne atteinte contamine désormais plus d’une personne. Quatre cantons font face à une forte hausse du nombre de cas, poussant certains à repousser les mesures de déconfinement. La chancelière Angela Merkel a affirmé que, si une commune compte plus de 50 infections pour 100 000 habitants, la zone doit durcir de nouveau les mesures de confinement. 

Espagne (224 350 cas confirmés au 10 mai)

Dès le 11 mai, la moitié des 47 millions d’Espagnols ont entamé un déconfinement progressif. Pour eux, les réunions familiales de moins de 10 personnes sont autorisées, au sein d’une même région. Les bars et restaurants ont également rouvert. Ces mesures ne concernent cependant par Madrid et Barcelone, ces deux grandes villes étant davantage touchées par le virus. Les écoles, quant à elles, ne reprendront qu’en septembre. 

Canada (70 090 cas confirmés au 10 mai)

Le Canada a amorcé son déconfinement par province dès le 20 avril. Le Québec, province la plus touchée, a rouvert ses écoles primaires le 11 mai (sauf à Montréal, épicentre local du virus) mais lycées et universités ne rouvriront qu’en août. La réouverture graduelle des universités canadiennes se déroule elle, depuis le 4 mai. 

États-Unis (1,3 million de cas confirmés au 10 mai)

Les États-Unis ont commencé le déconfinement malgré un bilan très lourd et qui continue encore d’augmenter de façon très importante. Chacun des 50 états peut décider de renforcer ou d’alléger les mesures de confinement sur son territoire. Trente-cinq états ont commencé un déconfinement progressif. En Californie, premier Etat à instaurer un confinement, les petits commerces ont rouvert le 8 mai. Une reprise progressive pour l’Etat le plus peuplé du pays. Le Texas, quant à lui, a rouvert les centres commerciaux et restaurants, bien qu’il ne remplisse pas les conditions nécessaires. La Maison Blanche estime en effet qu’il faut une diminution des cas sur 14 jours avant une reprise progressive des activités. 

Afrique du Sud (10 015 cas confirmés au 10 mai)

Une partie des travailleurs repris son activité dès le 1er mai dans des secteurs stratégiques tels que le bâtiment, le textile ou la maintenance. Depuis le 4 mai, l’agriculture, l’industrie et les mines de charbon ont, à leur tour, redémarré. Plusieurs activités sportives extérieures sont de nouveau autorisées, mais les écoles resteront fermées jusqu’à juin minimum.

Vous pouvez constater l’évolution de l’épidémie  dans les pays déconfinés avec le graphique ci-dessous, réalisée à partir des données de l’université Johns Hopkins Coronavirus Ressource Center qui recense le nombre de cas confirmés dans le monde.

Lucie Berbey et Yiqing Qi