Conficiné #6 : Le vendredi, sortie en club

Chaque semaine, prenez la poudre d’escampette grâce au cinéma. Cinq films sélectionnés autour d’un thème commun, pour écarter les murs et partir en balade. Ouvrez une fenêtre, posez un pied dans l’herbe et laissez vous guider!

La Nuit

Se déhancher en boîte comme Travolta sur les Bee Gees dans La Fièvre du samedi soir, pas encore. Clubber jusqu’au petit matin au son de la toute neuve French Touch comme dans Eden de Mia Hansen-Løve, toujours pas. Avant de tous s’entasser à nouveau dans des salles moites et bondées pour des nuits sans fin, patientez avec cette sélection qui vous tenir jusqu’à l’aube. La nuit au cinéma, ce sont évidemment des fêtes et des rencontres, une parenthèse qui peut faire chavirer une vie toute tracée, mais aussi le temps d’expériences plus ou moins fantastiques … 

Ma Nuit chez Maud, Eric Rohmer (1969) – Pascal sur la table de chevet

Jean-Louis croise Françoise (Marie-Christine Barrault) et décide qu’elle sera sa femme. Mais sa rencontre avec Maud (Françoise Fabian) fragilise ses certitudes. Lors d’un dîner chez elle, l’esprit catholique de l’ingénieur est poussé dans ses retranchements par la morale athée et libertaire de la jeune femme. Au détour de longues discussions sur le pari de Pascal s’insère un jeu habile sur le désir et l’engagement. Et quand Maud se couche, Jean-Louis est invité à rester. Le troisième volet des six Contes Moraux de Rohmer revient au noir et blanc pour sonder l’intime et révéler à tous la grâce de Trintignant. 

La bande annonce à retrouver ici.

Only Lovers left alive, Jim Jarmusch (2013) – La nuit pour la vie

Adam déprime. A sa vie de vampire multi-centenaire, il ne trouve plus rien d’excitant. Avec Eve, ils s’aiment à distance et partagent leurs nuits de Tanger à Détroit, cloîtrés dans une ouate rock et nostalgique, à l’abri du monde en déclin. De leur tour d’ivoire décatie, le couple dandy philosophe avec sévérité et ironie sur le genre humain. Jim Jarmusch filme le temps, la musique et l’amour dans des rues fantomatiques. Ce n’est pas vraiment un film de vampires, mais c’est le plus beau. 

La bande annonce à retrouver ici.

Rencontre du troisième type, Steven Spielberg (1977) : la vérité est dans la purée

Dans Rencontre du troisième type, Steven Spielberg met en scène une nuit fantasmagorique, pleine de lumières mystérieuses attendues avec un mélange de curiosité et de crainte par des centaines d’Américains moyens, perchés sur une route en épingle de l’Indiana. Ces mystérieux êtres clignotants venus d’ailleurs vont bousculer la routine de deux familles tranquilles tandis que le professeur Claude Lacombe (François Truffaut) cherche à percer le mystère de leur apparition.

La bande annonce à retrouver ici.

120 battements par minute, Robin Campillo (2017) : la révolte

PHOTO MEMENTO FILMS DISTRIBUTION.

120 battements par minute raconte les « années sida » en France et l’histoire d’Act Up, le réseau militant qui s’est battu pour rendre visible l’épidémie et ses victimes. Robin Campillo dépeint avec soin les débats internes, qui opposaient alors les militants pragmatiques et les révoltés, à l’époque où le gouvernement ignorait la maladie. Face à l’urgence et au combat effréné contre le sida, la nuit constitue une parenthèse enchantée. Sean (Nahuel Pérez Biscayart) et Nathan (Arnaud Valois), réussissent alors un peu à s’évader et font la fête sur les mélopées électroniques composées par Arnaud Rebotini.

La bande annonce à retrouver ici.

Une nuit en enfer, Robert Rodriguez (1996) : Road trip, vampire et série B

Seth s’est évadé de prison. Avec son frère Richie, légèrement psychopathe, ils se lancent dans une cavale sanglante pour atteindre le Mexique. En chemin, ils prennent en otage un pasteur tourmenté et ses deux enfants. Passé la frontière, le groupe attend le contact, dans le bar routier où l’on peut lire « du crépuscule jusqu’à l’aube ». Lors d’une altercation le personnel se transforme soudainement en vampire. Seth, la famille du pasteur et deux clients survivent, ils vont devoir lutter contre les démons le reste de la nuit. Un film complètement barré qui deviendra culte au fil des années, notamment parce qu’il rassemble Georges Clooney, Quentin Tarantino ou encore Salma Hayek, rien que ça.   

La bande annonce à retrouver ici.

Léo Durin, Hippolyte Corneille, Marion Michel

Rubrique | Au Coin Culture

Ces dernières semaines, le monde ralenti semble redécouvrir son besoin de culture. Les initiatives des acteurs et actrices du secteur culturel fleurissent sur les réseaux sociaux, Internet regorge de bons plans dématérialisés, et souvent gratuits. On vous aide à faire le tri, et on essaye de prendre un peu de recul : qu’est-ce que tout ça dit sur la culture, et comment le secteur est touché par la crise ?

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