Confinement : avez-vous pensé à la qualité de l’air intérieur ?

Quarante-neuf jours que nous passons, pour la plupart, enfermés chez nous. Une bonne raison pour ne pas négliger l’air intérieur de son habitation. Corentin Job est conseiller médical en environnement intérieur au sein de l’APPA (Association pour la Prévention de la Pollution Atmosphérique) et il revient sur quelques fondamentaux en la matière.

1/ « Nous passons 80 % de notre temps en intérieur »

Et oui ! C’est la très sérieuse Ademe (Agence de la transition écologique, anciennement Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) qui le dit. Entre le travail, la voiture, les transports en commun et la maison, nous passons la majorité de notre vie sous cloche ! Et avec le confinement, il y a fort à parier que ce taux soit plus élevé. Alors autant s’assurer que l’air que nous respirons en intérieur soit sain, non ?

2/ « Le tabac : première source de pollution de l’air intérieur »

Cette fois, c’est l’Académie de médecine qui nous l’apprend. S’il est interdit de fumer dans les lieux publics depuis 2007, il semble qu’à la maison, ça ne soit pas encore tout à fait ça… Corentin Job rappelle pourtant – à toutes fins utiles – que la fumée d’une cigarette contient environ 4 000 substances chimiques dont au moins 50 sont cancérigènes !

3/ « Le grand secret : renouveler l’air ! »

Notre expert insiste : « S’il ne faut retenir qu’une chose, c’est celle-là : ouvrez grand vos fenêtres ! » Car l’air intérieur est jusqu’à huit fois plus pollué que l’air extérieur (selon l’Observatoire de la qualité de l’air intérieur). Simple et à la portée de tous, ce geste est à répéter deux à trois fois par jour. Quelques minutes suffisent en hiver. Et un peu plus en été, si le soleil est de la partie.

4/ « Limiter ses émissions de polluants »  

Un produit ménager multi-usage suffit bien souvent pour entretenir plusieurs pièces de la maison. Et il peut même être fait main ! Attention aux huiles essentielles également : malgré leur connotation naturelle, elles sont des composés organiques volatiles (COV) dont la diffusion peut être irritante pour les voies respiratoires ! Enfin, évitez les produits parfumés, chimiques au possible, et autres aérosols… Ils sont souvent à l’image du marketing qui les promeut : très caustiques…

5/ « Maitriser la température et le taux d’humidité de son logement » 

On les appelle paramètres de confort. Côté température, entre 19 et 20°C pour les pièces à vivre et 18 dans la chambre, pas plus ! L’humidité ambiante relative se calcule quant à elle en pourcentage. Idéalement, le taux de votre logement doit osciller entre 40 et 60 %*. Au delà, on en revient aux basiques : ouvrez vos fenêtres ! « Tu chauffes la rue ? », vous demandera-t-on peut-être… Pourtant, sec, l’air se chauffe plus facilement qu’humide. Donc aérer c’est aussi économiser ! (Pensez tout de même à couper le chauffage en ouvrant vos fenêtre hein…).

6/ « Faire preuve de bon sens »

N’utilisez pas de solution hydroalcoolique ou de détergent sur tout ce que vous pouvez ingérer mais privilégiez les poignées de portes, claviers et écrans de téléphones portables. C’est mieux… Sauf recommandation contraire de la part d’un professionnel compétent (médecin, etc) : inutile de désinfecter son logement de fond en comble ! Encore moins à l’eau de javel (très irritante, elle ne s’utilise pas non plus pour laver les sols). Bref, faites preuve de bon sens et d’esprit critique. Et en cas de doute, tournez-vous vers un professionnel de santé (médecins, pharmacies, etc.), une association (l’APPA par exemple) et autres agences compétentes en la matière : Ademe, Agence nationale de sécurité sanitaire, etc.  

Toutes ces bonnes pratiques seront valables également après le déconfinement. En attendant : respirez, vous êtes confinés !

Xavier Hénocq

*Les premiers prix des thermo-hygomètres avoisinent les 10 €.

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