Confinement : la filière équestre s’adapte

Conséquence de la situation sanitaire, les 9 000 centres français ont dû fermer leurs portes à l’annonce du confinement. Malgré tout, il est indispensable que les infrastructures continuent à tourner, les animaux nécessitant des soins chaque jour. La filière équestre n’a pas d’autre choix que de s’adapter dans cette période inédite, en imposant des barrières sanitaires strictes à tous. 

Les quelques 400 000 chevaux de clubs français ont vu leurs habitudes chamboulées depuis le 15 mars dernier. Et pour cause, les centres équestres sont totalement à l’arrêt. Plus d’enfants traversant les écuries, plus de planning de reprise… Seuls les soins de première nécessité sont dispensés aux chevaux. « Les cavaliers n’ont pas le droit de se déplacer. Les gérants de structures sont donc mobilisés pour s’occuper de l’entretien des locaux et des chevaux » explique Héloïse, cavalière de la région Lyonnaise. 

Peu côtoient les chevaux 

Sur les 2,2 millions de cavaliers que compte la France, seule une poignée d’entre eux peut, à ce jour, se rendre auprès de leur cheval : les propriétaires. Depuis le 24 avril dernier et la publication d’un communiqué de presse du ministère de l’Agriculture, ils peuvent se déplacer pour « aller nourrir, soigner ou assurer l’activité physique indispensable à leurs animaux. »

Et si le fait de nourrir ou de soigner l’animal est autorisé, aucune directive claire concernant l’autorisation de monter à cheval. En effet, la pratique de l’équitation n’est pas formellement interdite puisqu’aucun décret ne le stipule.

Un flou qui n’arrange pas le cavalier Côme Couturier. En sortant son cheval Dégourdy de Treho, le champion de Bretagne de saut d’obstacles a écopé d’une amende de 135 euros. « Des écuries, on a un chemin qui mène à un étang communal. On l’a toujours emprunté, car sinon, on tourne en rond. J’ai expliqué [à la police] que c’était mon métier, que c’était pour le cheval, qu’on empruntait toujours ce chemin, etc… Je ne conteste pas l’amende, techniquement l’étang est interdit. Mais c’est un peu risible quand même… » a-t-il expliqué dans les colonnes de Ouest-France. 

À quelques jours du déconfinement, la reprise se prépare 

Des mesures « simples et rigoureuses » sont demandées par le président de la Fédération française d’équitation pour la reprise, attendue la semaine du 11 mai. Parmi elles : « le port du masque en condition rapprochée » mais également un lavage des mains régulier, ce qui impose aux clubs de s’équiper de gel hydroalcoolique. Difficile pour certains gérants d’envisager une reprise en douceur. « Je m’imagine mal « faire la police » entre les enfants, précise cette gérante de centre équestre en Normandie.  Je vais devoir surveiller qu’ils se lavent bien les mains, faire attention aux distances de sécurité pour éviter la possible transmission du Coronavirus. Pour les plus petits, je vais également devoir être vigilante pour leur sécurité avec les poneys. Après quelques semaines sans cours, certains peuvent oublier les règles fondamentales de sécurité. En y pensant, je me dis qu’il aurait peut-être encore fallu quelques semaines avant le retour des cours, histoire de reprendre dans des conditions optimales. »

Du côté des chevaux de concours, la reprise s’annonce également rude. Surtout pour les cavaliers qui n’avaient pas leur cheval à disposition pour continuer l’entraînement. « Les chevaux sont actuellement sortis au pré plusieurs heures par jour pour qu’ils puissent galoper et se défouler. Ceux qui sortent sur de grosses épreuves devront probablement reprendre un programme d’entrainement assez rigoureux pour continuer leur saison de concours de manière optimale », rajoute Héloïse. A l’instar des autres compétitions sportives, les concours d’équitation, comme les Championnats de France ou le Jumping 5* de Dinard sont annulés. Le temps de laisser aux milliers de couples « cavalier-cheval » le temps de retrouver leurs repères, comme toute la filière. 

Lara Bouve

Rubrique | Sportivement

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