Des volontaires à la rescousse d’une agriculture en crise

Alors que le confinement a privé les agriculteurs français de main d’œuvre saisonnière, le projet « Des bras pour ton assiette » a vu le jour pour aider la filière et mettre en relation des agriculteurs et des volontaires prêts à les aider.

Le 24 mars dernier, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, avait invité les volontaires ayant du temps libre pendant le confinement à « rejoindre la grande armée de l’agriculture en France » . Sa bouteille à la mer est arrivée à bon port. Après son allocution, la plate-forme collaborative « Des bras pour ton assiette » a été créée. Elle est le fruit d’un travail commun entre l’Association Nationale Emploi Formation Agriculture (ANEFA), Pôle Emploi, la start-up Wizifarm et elle bénéficie d’aides du ministère de l’Agriculture et de celui du Travail.   Depuis son lancement, le projet a enregistré plus de 300 000 propositions de services. « Cela va bien au-delà de nos espérances ! Nous ne nous attendions pas à tant de volontaires ! » , témoigne Mickaël Jacquemin, agriculteur et éleveur dans la Marne, également président de l’ANEFA. 

Le site met en relation les volontaires et les agriculteurs en fonction de leur zone géographique, de leurs disponibilités et de leurs aptitudes particulières. Ils ont en moyenne 35 ans, sont pour la plupart payés au SMIC et bénéficient d’un contrat de travail en bonne et due forme.

Avec le confinement et la fermeture des frontières, les agriculteurs français ont été privés de leur main d’œuvre saisonnière en provenance de l’étranger : l’Espagne, le Maroc et la Tunisie, par exemple, ont fermé leurs frontières. La saison des fraises, des asperges et de certaines cultures arboricoles arrivant, il a fallu trouver un moyen de recruter de la main d’œuvre en urgence. 

Un réseau d’entraide

Dans le Gers, pour effectuer sa plantation de melons, Lary Sturam a ainsi été mis en contact avec Thibault, un jeune officiant dans l’événementiel. « Il était très motivé, c’était très agréable de travailler avec lui ! » , témoigne Lary. 

Anaël Vankeerberghen a quant à elle été mise en relation avec un viticulteur de son département. Cette étudiante en prépa scientifique a participé au désherbage des pieds de vignes et au nettoyage des terrains. Elle a trouvé l’expérience enrichissante. 

D’autres inquiétudes pour les cultivateurs 

Au-delà de la culture, les agriculteurs sont particulièrement inquiets pour la commercialisation et la vente de leur production. Suite aux complications liées au coronavirus, ils craignent de ne pas pouvoir rentrer dans leurs frais. Les agriculteurs les plus en difficultés pourront prétendre à l’aide de 1500 euros promise par l’Etat aux indépendants et petites entreprises lourdement impactés par la crise du covid-19. 

Mais avec le déconfinement à l’Est de l’Europe, certains agriculteurs sont soulagés que des marchés s’ouvrent à nouveau. 

Par ailleurs, les cultivateurs sont inquiets car les températures sont très élevées pour la saison et il n’a quasiment pas plu depuis le début du confinement. « Il faudra que le climat soit généreux, que les prix ne tirent pas trop à la baisse et que nous arrivions à écouler au moins une partie de nos stocks pour que nous puissions espérer couvrir nos charge » , tente de se rassurer Mickaël Jacquemin. 

Charlotte Barbaza

Rubrique | Feel Good

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