Emeric Salaks, dunkeur cloué au sol

Emeric Salaks, 28 ans, ancien joueur semi-professionnel de basket (N1), anime les mi-temps des matches de basket ou d’autres événements grâce à un spectacle de dunks qu’il réalise avec sa « Team Fly ». À cause du coronavirus, cette activité est à l’arrêt. Malgré le stress, le jeune homme s’adapte pour maintenir la dynamique de sa troupe.

Le jeune dunkeur attend de reprendre son envol. Il a l’habitude de s’élever à 2 mètres du sol pour claquer le ballon dans le panier de basket. L’aventure d’Emeric Salaks a commencé alors qu’ « il n’y avait pas de troupe de dunk, se rappelle-t-il. Avec Yohan Lemay et Chris Sunda, ex-coéquipiers d’un club de région parisienne, on s’est dit qu’il y avait un truc à faire. »

En trois ans, la Team Fly s’est développée, elle anime même les mi-temps de clubs professionnels, comme l’ESBVA (Entente sportive basket de Villeneuve-d’Ascq, première division féminine), ou le LMB (Lille métropole basket, deuxième division masculine). Mais aujourd’hui aucune représentation n’est possible, confinement oblige.

Un programme bouleversé

« On est un peu stressé, s’inquiète Emeric Salaks. Des événements étaient prévus de fin mars à début mai. On avait signé une collaboration avec la FFBB (Fédération française de basket-ball) pour faire des shows pendant les tournois 3-3 (3 joueurs par équipe, au lieu de 5 traditionnellement en basket). Ça allait du mois de mai jusqu’à juillet. Pour l’instant, les événements de début mai sont annulés. J’espère que ça ne va pas trop s’étendre… »

Perdre des dates freine mécaniquement la dynamique de la Team Fly. Elle n’a jamais eu autant de propositions que cette saison. Le printemps et l’été sont les périodes de l’année les plus chargées. Financièrement, les trois amis doivent renoncer à des rémunérations collectives comprises entre 500 euros et 3 000 euros, selon le type de prestation.

Au-delà de ce manque à gagner, Emeric ne peut plus s’entraîner à dunker comme il en a l’habitude : « Je pense avoir perdu un peu en technique et en maniement du ballon… Ça devrait revenir en deux semaines. » Une durée assez courte mais précieuse, puisqu’il pourrait rapidement reprendre du service après le confinement, si cela est autorisé.

« Je suis en manque de dunk ! »

Emeric Salaks

Emeric n’est pas en danger financièrement. Il vit principalement grâce à son entreprise d’import-export de produits sportifs. Mais le basket n’est jamais bien loin. Si la Team Fly ne peut plus s’envoler vers les paniers, elle n’est pas au point mort pour autant. Le dunkeur de région parisienne continue de faire la promotion de son équipe. « On doit s’adapter, on balance plus de publications sur les réseaux sociaux, ce confinement c’est aussi l’occasion pour ça. On échange davantage avec les fans, ça crée plus de proximité. »

Pour lui, « le piège est de vouloir rester sous la couette ». Alors, il n’est pas question de se relâcher pendant le confinement. Il suit un programme physique strict : « Je m’impose plusieurs heures de vélo d’appartement, de musculation et de corde à sauter. L’important est de garder la condition physique. »

S’il se maintient en forme, sa passion pour le dunk lui manque inévitablement. Entre les cris de joie du public et le fait même de retoucher le ballon, Salaks a fait son choix : « Je vais faire un peu mon égoïste mais c’est plutôt de dunker, retrouver les sensations. Je suis en manque là ! »

Son partenaire Yohan Lemay n’a pas pu se résoudre à attendre la fin du confinement, « il a carrément commandé un panier pour le mettre dans son parking », rigole Emeric.

Pas sûr que cela suffise à son bonheur. Une chose est sûre, pour son prochain envol, la Team Fly sera gonflée à bloc.

Antoine Denis.

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