France – Nouvelle-Zélande (31 octobre 1999) : Le jour de gloire est arrivé !

Au terme d’une rencontre historique, dans un stade de Twickenham acquis à la cause des Bleus, la France est venue à bout de l’ultra-favorite Nouvelle-Zélande (43-31). Elle était pourtant menée 24 à 10 à la 45e minute. Comme en 1987, elle disputera une finale de coupe du Monde. Elle y retrouvera l’Australie, tombeuse de l’Afrique du Sud.

Sensationnel, exceptionnel, historique, les superlatifs ne manquent pas pour décrire le match qui vient de se dérouler sous nos yeux. Pour la première fois de leur histoire les Blacks ont encaissé plus de 40 points. Pour la première fois de son histoire la France a battu la Nouvelle-Zélande en coupe du Monde. Et pour la deuxième fois de son histoire la France va avoir l’occasion de décrocher le Graal, le 6 novembre prochain à Cardiff, contre l’Australie. Certes, la France n’a pas encore soulevé le trophée, certes la France peut passer à côté de son prochain match, certes la France peut de nouveau échouer, mais ne minimisons surtout pas cet exploit. N’ayons pas peur des mots. Cette équipe de France vient de réaliser l’un des plus grands exploits du sport tricolore.

« Avant le coup d’envoi, avec le haka, les Blacks cherchent à t’impressionner, à prendre un avantage psychologique, témoigne Christophe Lamaison. Tu le vois dans leur regard. Mais à la mi-temps, on a de nouveau croisé le regard des Blacks : il avait changé. » Longtemps menée, souvent pénalisée, jamais cette équipe de France n’a paniqué. L’armada néo-zélandaise avait pourtant de quoi faire peur. Lomu, Umaga, Mehrtens, des joueurs qui font rêver tous les amateurs de rugby dans le monde. Le premier d’entre eux avait pourtant fait les choses en grand. Ses deux essais de très grande classe n’ont pas suffi à faire imploser les Tricolores, pourtant menés 24 à 10 après cinq minutes de jeu en seconde période.

Lamaison : 28 points

De la Corrèze à Twickenham, du banc des remplaçants à une place de titulaire, Christophe Lamaison a été l’homme du match côté français. Son jeu au pied a structuré le succès des Bleus. Trois pénalités, quatre transformations, deux drops et un essai, le Briviste a marqué 28 des 43 points français. « Je suis fier d’avoir gagné avec la manière », déclarait fièrement Lamaison, à la fin du match. C’est lui qui a ramené la France dans le match avec deux drops venant récompenser la belle réaction du pack tricolore (47e, 49e). Sa réussite au pied a sanctionné l’indiscipline des Néo-Zélandais. Côté kiwi, l’ouvreur Mehrtens a laissé passer 14 points au pied. Trop pour espérer une place en finale.

Soudain, les Bleus prirent feu

C’est en deuxième période que le XV de France a renversé la Nouvelle-Zélande. En l’espace de trente minutes, les coéquipiers de Lamaison ont fait basculer cette rencontre dans l’impensable. D’abord sur un coup de pied de Christophe Galthié récupéré par Christophe Dominici pour permettre aux Bleus de prendre la tête (29-24, 56e). Puis sur une passe au pied de Lamaison derrière la défense néo-zélandaise pour envoyer Richard Dourthe à l’essai (36-24, 60e). Enfin, sur une chevauchée… balle au pied d’Olivier Magne conclue par Bernat-Salles (43-24, 75e) pour achever les espoirs blacks. Voilà comment la France a terrassé la Nouvelle-Zélande en lui infligeant un 33-0 en trente minutes.

43-31, la France jouera donc la finale de la Coupe du monde le 6 novembre prochain face à l’Australie. Après un tel exploit, une seule question : ce XV de France aura-t-il récupéré physiquement et mentalement ?

Jules Forêt.

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