Greta Thunberg fait parler de CNN… et de l’environnement

La participation de la jeune militante écologiste à une émission consacrée au nouveau coronavirus fait réagir les milieux conservateurs. Pour de très nombreux scientifiques, la question écologique sera pourtant au coeur de la lutte contre les épidémies à l’avenir.

Greta Thunberg participera ce soir à un débat autour de la pandémie de Covid-19 sur la chaîne de télévision américaine CNN. L’annonce a ému de nombreux commentateurs conservateurs du Washington Examiner aux États-Unis à Valeurs Actuelles en France.

Un débat qui fait débat

Servis sur le plateau du séduisant journaliste Anderson Cooper et de son spécialiste médical Sanjay Gupta, les invités de l’émission « Coronavirus facts and fears » débattront à propos de la pandémie de Covid-19. Parmi eux le docteur Richard E. Besser, la démocrate Kathleen Sebelius et l’écologiste Greta Thunberg.

La présence de cette dernière, cible d’intenses et violentes campagnes de dénigrement dans les sphères les plus conservatrices, n’a pas manqué de faire réagir ses détracteurs sur les réseaux sociaux. Ces derniers dénoncent l’absence de connaissances de la jeune fille âgée de seulement 17 ans dans le domaine de la santé.

Les épidémies : une question environnementale

Au-delà du coup de com’ de la chaîne pour son programme du soir, la voix de la jeune militante écologiste suédoise invitera sûrement les téléspectateurs à faire le lien entre la crise environnementale et la pandémie.

En empiétant sur les espaces des autres espèces animales, en participant au réchauffement climatique et au bouleversement des équilibres écologiques, en multipliant ses déplacements, l’homme pourrait être le responsable d’une soudaine prolifération de virus. Et Greta Thunberg n’est pas la seule à tirer l’alarme à ce sujet.

Serge Morand, directeur de recherche au CNRS, rappelait dès le mois de janvier l’urgence de préserver la diversité génétique dans la nature et l’agriculture pour éviter la multiplication des pandémies. L’entretien donné aujourd’hui à Libération par le philosophe des sciences Bruno Latour invite à penser ce lien, au même titre que la tribune de seize dirigeants d’organisations scientifiques et membres de l’Alliance nationale de recherche pour l’environnement, parue dans Le Monde en avril.

Léo Thomas