Joan Duru (surf) : « Tout ce qu’on n’a pas le temps de faire d’habitude, on le fait maintenant »

Le surf professionnel est à l’arrêt depuis plus de deux mois : pas d’accès à la mer et compétitions reportées sine die. Le surfeur Joan Duru nous raconte son quotidien de confiné, partagé entre bricolage et sport à la maison.

Même s’il n’a plus le droit d’aller à l’eau depuis deux mois, Joan Duru, surfeur professionnel, reste très occupé. Confiné dans sa maison à Seignosse avec sa compagne, Maud Le Car, elle aussi surfeuse professionnelle, il profite de cette période inédite pour s’adonner à des activités annexes. « On a fait des travaux dans la maison, de la peinture, on a pas mal de choses à faire dans le jardin, tout ce qu’on ne peut pas faire le reste de l’année », explique le Landais.

En temps normal, la compétition bat son plein à cette période de l’année. La World Surf League (WSL) est une fédération mondiale composée de deux divisions. Tout d’abord le World Championship Tour (WCT) qui réunit les 34 meilleurs surfeurs et les 17 meilleures surfeuses sur une tournée de dix ou onze étapes par an. Et puis le World Qualifying Series (WQS), circuit de qualification vers l’élite mondiale. Les surfeurs professionnels voyagent donc énormément au cours de la saison, pour tenter de se maintenir sur le WCT ou de se qualifier via le WQS.

Voilà donc bien longtemps que Joan Duru n’avait pas passé autant de temps chez lui. « On n’a pas d’objectifs, on peut se relâcher et profiter. Le plus dur, ce sont les apéros ! »

Blessé à la cuisse et à l’épaule au Portugal en octobre dernier, il met à profit cette période de confinement pour finir sa rééducation. « On a construit une salle de sport avec un peu de matériel dans une cabane dans le jardin », raconte-t-il. Un moyen, aussi, de rester en forme, alors que personne ne sait quand la saison va reprendre. 

Incertitudes sur la suite de la saison

La WSL a en effet annoncé qu’elle reportait toutes les épreuves au moins jusqu’en juin. « Deux tours professionnels, ça prend du temps à organiser, et certains pays ne rouvriront pas leurs frontières tout de suite, comme l’Espagne, qui pourrait être isolée jusqu’en octobre », avance Joan Duru, pour qui l’hypothèse d’une saison blanche n’est pas improbable. 

Au départ, le report du début de la saison a été difficile à encaisser. 28e du WCT l’année dernière, il a été relégué en WQS. « Je comptais sur cette saison pour me remettre et tout donner. Je veux remonter sur le WCT une dernière fois avant d’arrêter ma carrière, justifie-t-il. Maintenant, je profite, on verra bien ce qu’il va se passer dans les prochaines semaines. »

La situation est également compliquée financièrement : pas de compétition signifie aucun Prize money (revenus liés aux résultats sur les épreuves), et des difficultés pour les partenaires. « On a des sponsors qui ne peuvent plus nous payer pour le moment et d’autres qui ne paieront qu’à la fin de l’année. » Joan Duru relativise : « Il ne faudrait pas que ça dure trop longtemps, mais pour le moment, comme on a peu de dépenses, on s’en sort ».

Retour à l’eau le 11 mai ?

Pour le moment, Joan Duru et les autres surfeurs français attendent de pouvoir retourner surfer. Alors que le plan de déconfinement prévoyait une interdiction de l’accès aux plages, le gouvernement a déclaré jeudi 7 mai que les plages seraient accessibles de manière « dynamique » (uniquement pour les activités nautiques, pas pour bronzer) à l’appréciation des préfets.

Peu avant l’annonce, Joan Duru avait expliqué avoir envoyé avec d’autres surfeurs une lettre aux mairies d’Hossegor et Seignosse pour demander la réouverture des plages, et avait déclaré : « Ce serait cool de pouvoir retourner à l’eau, mais on n’a pas trop de pouvoir de décision ». En espérant que le 11 mai, les vagues soient au rendez-vous.

Salomé Chauvet.

Rubrique | Sportivement

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