La crise du coronavirus profite-t-elle aux GAFAM ?

Cet article est un extrait exclusif de la Média’Tech, newsletter Médias & Tech de l’ESJ Lille à paraître lundi 13 avril.

Des millions de travailleurs au chômage partout dans le monde, des entreprises à l’arrêt, les marchés financiers en chute libre … Le coronavirus contamine toute l’économie mondiale. Toute, vraiment ? Le business des GAFAM continue de tourner : aucun risque d’être contaminé derrière un écran ! La crise pourrait même bien profiter aux géants de la tech.

La viabilité économique des GAFAM n’est pas menacée par la crise du coronavirus, loin de là. Plus que jamais, les géants américains sont sollicités par les gouvernements. Aux Etats-Unis, la Maison Blanche a fait appel à Google, Facebook, Amazon, Microsoft, Apple, IBM, Cisco et Twitter pour étudier la dissémination du virus aux Etats-Unis et pour faire avancer la recherche médicale. Google a déjà commencé à publier les données de géolocalisation de ses utilisateurs pour « permettre aux épidémiologistes de mesurer plus facilement l’efficacité de la distanciation sociale » comme l’écrit le Washington Post. Mais surtout, Washington a appelé les GAFAM à la rescousse pour lutter contre la désinformation sur les réseaux sociaux. 

En France, le gouvernement a aussi demandé aux GAFAM d’amplifier la lutte contre les fake news sur la pandémie, mais aussi supprimer les arnaques en ligne et de diffuser les consignes sanitaires. Les GAFAM ont donc du pain sur la planche et leur activité est loin d’être menacée. 

L’utilisation d’internet explose avec le confinement et comme l’a souligné Axel de Tarlé sur Europe 1, « sur Internet, il y a une prime au plus gros, donc aux géants américain. Car plus vous êtes gros, plus vous avez des données, des historiques, et plus votre connaissance du marché, des clients est fine donc, plus vous êtes efficace ».  

Quand les lobbys en profitent 

Les lobbys des GAFAM profitent de la pandémie pour défendre leurs intérêts, comme le souligne le New-York Times. A titre d’exemple, le 17 mars dernier, des groupes de lobbyistes représentants notamment Google, Facebook et Twitter ont demandé au gouverneur de Californie d’attendre pour mettre en place les nouvelles règles de protection de la vie privée. Cette demande avait déjà été formulée avant la pandémie. La loi California Consumer Privacy Act doit obliger les entreprises à communiquer aux utilisateurs de leurs services les données qui ont été collectées sur eux et leur donner la possibilité de les supprimer. Elle doit entrer en vigueur en juillet 2020. La lettre demande un report en 2021 : elle avance que les personnes en charge de créer des processus pour se conformer à la loi ne sont pas au bureau à cause du confinement et ne peuvent pas faire ce travail. D’autres entreprises ont aussi plaidé en faveur d’une dérégulation qui les aiderait à mieux lutter contre le virus. 

Intouchables ? 

La crise du coronavirus pourrait donc bien profiter aux GAFAM. Pour autant, sont-elles intouchables ? Les indices boursiers qui référencent les grandes entreprises de la tech américaine ont moins chuté que d’autres indices. Mais Apple pourra-t-elle résister à la fermeture de ses magasins ? Quelles seront les conséquences pour les annonceurs, dont Google et Facebook tirent une grande partie de leur revenus ? Pour le moment, elles semblent avoir assez de trésorerie pour faire face à la pandémie. 

Anna Lippert

Cet article est un extrait exclusif de la Newsletter La Média’Tech à paraître lundi prochain. Cette Newsletter, écrite par cinq étudiants de l’ESJ, vous informe tous les deux semaines par mail sur les nouveautés médias et tech. Pour s’abonner, c’est ici

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