La rubrique Sportivement passe au bilan et vous remercie de votre fidélité

Des interviews, des enquêtes, des articles de fond, des résumés quotidiens de l’actualité sportive, la rubrique Sportivement a profité du confinement pour vous faire vivre au mieux la passion du sport sur Rue des Confinés. Si vous n’avez pas pu tout lire ou tout voir, nous vous proposons un dernier rattrapage.

Des conditions d’entrainement difficiles en confinement

Les vingt-cinq contributeurs de la rubrique ont interviewé pendant deux mois des acteurs du sport pour qu’ils nous racontent leur confinement. En famille, en couple, ou avec leurs coéquipiers, les sportifs ont redoublé d’imagination pour s’occuper. Retouvez ici quelques témoignages marquants.

Le nageur handisport Alex Portal s’entraine dans une piscine installée dans son jardin.

Vivien Amiot (course hippique) : « Les chevaux gardent un rythme de travail assez relax, ce n’est que de l’entretien en attendant que l’annonce de la reprise des courses soit prononcée. »

Arthur Bauchet (ski handisport) : « Je suis dans une optique de préparation de l’été : gainage, abdominaux, exercices pour les bras.« 

Albéric Cormerais (aviron) : « Je suis confiné avec cinq autres sportifs. On essaie de se motiver mutuellement. On a deux rameurs et des ergomètres, avec un programme adapté à la situation.« 

Joan Duru (surf) : « Je profite de cette période pour finir ma rééducation. On a construit une salle de sport avec un peu de matériel dans une cabane dans le jardin« .

Cédric Joly (canoë) : « Je fais beaucoup de sport avec mon frère : yoga, tennis, basket. Mais c’est vraiment éloigné de mon activité. »

Pierre Latour (cyclisme) : « Je cours à jeun le matin sur le chemin près de chez moi, et l’après-midi, je fais du home trainer. »

Victor Lovera (ski de fond) : « J’ai une petite salle de musculation, je peux faire du tapis, du home trainer et essayer de nouveaux exercices. »

Pierre Merrien (tennis de table handisport) : « Je suis paraplégique et un peu tétraplégique sur un côté de mon corps. Pour éviter les douleurs à l’épaule, je fais notamment des séries de 1000 étirements avec un élastique.« 

Marc-Antoine Olivier (natation) : « J’ai la chance d’avoir une salle de musculation et mes voisins ont une piscine.« 

Alex Portal (natation handisport) : « On a installé une piscine dans mon jardin, je fais de la nage statique avec un élastique une heure par jour. »

Magda Wiet-Hénin (taekwondo) : « Avec mon copain, on fait pas mal d’étirements, et des gammes ‘pieds-poings’, parfois sur le carrelage. »

Les dix actus sportives qu’il ne fallait pas manquer pendant le confinement

  • Le 30 mars, les Jeux Olympiques et paralympiques de Tokyo sont reportés du 23 juillet au 8 août 2021
  • Le 1er avril, l’édition 2020 du tournoi de Wimbledon est annulée.
  • Le 4 avril, la journaliste Clémentine Sarlat dénonce ses conditions de travail à France Télévisions (2013-2018)
  • Le 8 avril, les Mondiaux d’athlétisme sont reportés en 2022, quelques jours plus tard, les championnats d’Europe prévus à Paris en août sont annulés.
  • Le 14 avril, le Tour de France est reporté du 29 août au 20 septembre 2020
  • Le 22 avril, Roger Federer évoque une fusion entre l’ATP et la WTA sur Twitter
  • Le 23 avril , l’Euro féminin de football est reporté à juillet 2022 afin d’éviter une concomitance avec l’Euro masculin reporté à l’été 2021 
  • Le 27 avril, le Grand Prix de France 2020 de Formule 1 initialement prévu le 28 juin est annulé
  • Le 28 avril, la Ligue 1 et la Ligue 2 sont définitivement arrêtées pour la saison 2019-2020. Le PSG est sacré champion de Ligue 1 et le FC Lorient champion de Ligue 2.
  • Le 5 mai, l’ancien pilote de rallye espagnol Carlos Sainz est désigné par des fans et des journalistes comme le « meilleur pilote de tous les temps »

Un report des Jeux qui fait l’unanimité

L’une des principales informations du confinement reste le report des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo à l’été 2021, voilà ce qu’en pensent certains de nos interlocuteurs.

Albéric Cormerais (aviron) : « C’est très frustrant, mais ça reste la meilleure solution. En confinement, je suis conscient que je m’entraîne moins bien qu’en extérieur. Or, dans certains pays,  les athlètes de haut niveau ont des dérogations spéciales.« 

Cédric Joly (canoë) : « Le report des JO tombait très bien finalement pour l’équité sportive, parce que la course qui devait départager les meilleurs français pour un ticket olympique a été annulée et les conditions d’entrainement différaient entre les pays. »

Marc-Antoine Olivier (natation) : « C’est tout simplement la meilleure décision que pouvait prendre le CIO. Pour la sécurité, la santé de tout le monde, et pour l’équité au niveau des préparations olympiques. »

Alex Portal (natation handisport) : « Aujourd’hui, je vois du bon dans ce report ! Je suis jeune et cela me permet donc d’avoir un an supplémentaire pour m’améliorer et être plus fort.« 

Magda Wiet-Hénin (taekwondo) : « Franchement, j’étais plutôt contente car je n’imaginais pas préparer les JO dans mon salon. C’est important d’être performant, on est des athlètes olympiques, on se prépare pendant quatre ans, et se retrouver aux JO sans pouvoir bien figurer parce qu’on ne s’est pas bien préparé c’est dommage.« 

L’ensemble du monde sportif impacté par le Covid-19

Les acteurs de tous les milieux du sport ont été touchés et ont dû adapter leur quotidien. Coup de projecteur sur le travail des rédactions de L’Equipe et de Paris-Turf, la reconversion des ultras d’Amiens et les activités du dunker Emeric Salaks.

La rédaction de l’Equipe a du fortement se réinventer pour continuer de produire un journal quotidien.

L’équipe s’adapte au coronavirus. Première grosse annonce, le quotidien sportif décide de réduire son prix de vente à 1€ (contre 1,90€ habituellement). Et puis, contraint d’adapter sa ligne éditoriale, le journal « joue la carte de la nostalgie », avec des séries, comme « Les femmes journalistes de sport à la télé », « Meneurs d’OM » ou encore « La loi du marché ». « On est à mi-chemin entre informer et distraire, souligne Jean-Philippe Leclaire, directeur adjoint de la rédaction. On propose de l’information et on ajoute aussi de la distraction. »

Même constat chez Paris-Turf. Le quotidien d’actualité équestre doit revoir ses contenus. « Depuis le 17 mars, le Groupe ne distribue plus aucun journal dans les kiosques, explique Sébastien Piazza, rédacteur en chef adjoint du média. En revanche, nous maintenons le journal Paris-Turf en version numérique. Tous les matins, en réunion de rédaction, on s’adapte au programme. Le choix des courses se fait au dernier moment. Nous avons une base de données qui nous permet d’être très fiable et efficace sur le suivi des courses à l’étranger. « 

Les ultras d’Amiens cherchent de nouveaux passe-temps. Pour venir en aide, des supporters de l’ASC ont livré des pizzas au CHU d’Amiens, mais aussi des kits de produits de première nécessité aux personnes isolées ou à mobilité réduite.

Emeric Salaks, Dunker, n’a plus d’activité. Il organise d’ordinaire des spectacles de dunk pendant les mi-temps de match avec deux comparses. Financièrement, les trois amis doivent renoncer à des rémunérations collectives comprises entre 500 euros et 3 000 euros, selon le type de prestation. « On doit s’adapter, on balance plus de publications sur les réseaux sociaux, ce confinement c’est aussi l’occasion pour ça. On échange davantage avec les fans, ça crée plus de proximité, » explique-t-il.

Pendant le confinement, la rédaction de Sportivement vous a parlé d’aviron, de cirque, de courses hippiques, de canoë, de cyclisme, d’échecs, d’escrime handisport, de e-sport, d’équitation, de football, de paris sportifs, de natation, de natation handisport, de rugby à XV, de ski handisport, de ski de fond, de sport automobile, de surf, de taekwondo, d’ultimate et de volley. Elle a également réalisé un podcast sur la draft NFL et une vidéo sur l’histoire des Jeux olympiques.

Quels changements pour le futur du sport ?

En amorçant le déconfinement, les contributeurs de la rubrique se sont demandés à quoi ressemblerait le sport dans le futur.

« L’idée d’une crise systémique n’existait pas, mais avec le Covid on peut se poser la question »

Mickaël Terrien, docteur en sciences de gestion nous aide à comprendre ce qui attend les clubs de football à l’issue de cette crise sanitaire. Ce maître de conférences à l’université de Lille s’attarde sur la solvabilité de Mediapro et balaie la mise en place de systèmes à l’américaine.

Le football professionnel est l’industrie avec le taux de faillite le plus faible. L’idée de crise systémique n’existait pas mais avec le Covid on peut se poser la question.

Supporteurs dans les stades de rugby : Prier pour qu’ils reviennent

La crise sanitaire a contraint les championnats de rugby à l’arrêt et les Français à la distanciation sociale. Même après le déconfinement, les déplacements restent limités et les précautions maximales. Dans ce contexte, difficile d’imaginer des milliers de spectateurs réunis dans un stade lors de la reprise des championnats. Leur présence est pourtant indispensable à la survie des clubs.

Notre économie, comme celle du rugby en général, est dépendante de la billetterie, des espaces réceptifs, des repas et également des publicités que l’on affiche dans le stade. » Or, si le club ne peut pas compter sur ces rentrées d’argents (80 % de son budget) et doit payer les salaires des joueurs, des administratifs et l’organisation des matches, « c’est la faillite assurée », conclut Vincent Duvivier, attaché de presse à l’ASM Clermont Auvergne.Laurent, supporteur depuis 27 ans de l’Union Sportive Bressane (USB), est prêt à tout pour revenir dans l’enceinte de Marcel-Verchère : « Même s’il faut porter un masque, même s’il faut que je sois dans un coin tout seul, j’irai toujours au match. Ça me manque beaucoup trop. »

Les sportifs professionnels face au vide

Avec l’arrêt des compétitions, nombre d’athlètes professionnels de sports individuels doivent faire face à une perte de revenus. Un manque à gagner qu’ils relativisent.

Jimmy Vienot est n°1 mondial de sa catégorie (-73kg) en boxe thaïlandaise. Agé de 24 ans, le Montpelliérain est déjà 5 fois champion du monde de la discipline. Il possède le statut d’intermittent du spectacle et ses revenus ne sont pas fixes.

Djilali Bedrani court sur des distances de 1500 à 10 000m. Il a récemment participé aux mondiaux d’athlétisme à Doha et réalisé la deuxième meilleure performance française de l’histoire sur 3000m en salle au Meeting de Liévin. Le Toulousain de 26 ans a un statut particulier : il est militaire au 3e régiment du matériel à Muret (Haute-Garonne). Une profession qui lui permet d’assurer un revenu.

Football : les transferts  à l’épreuve du coronavirus

Alors que le marché des transferts est censé ouvrir dans les prochaines semaines, les clubs professionnels de football sont encore dans le flou. Quels types de transactions ? Quelles répercussions sur les prix ? Quelles perspectives pour les clubs français ? Autant d’incertitudes liées au mercato à venir.

« Cela fait près de 25 ans que je suis sollicité par des agents pour des transferts, et c’est la première fois que début mai, je n’ai pas de dossier sur la table », confie Thierry Granturco, avocat aux Barreaux de Paris et de Bruxelles, spécialiste du droit du sport.

Pourtant, une augmentation de l’offre devrait bien entraîner une baisse des prix. Selon une étude du cabinet KPMG, la valeur des joueurs aurait baissé en moyenne de 30%

Le risque est de voir se creuser un fossé encore plus grand entre les grands championnats européens et le championnat de France.

L’éclosion de nouveaux sportifs

Durant le confinement, de nombreuses personnes se sont mises au jogging. Totalement désintéressés de la pratique physique auparavant, ces « sportifs du confinement » ont découvert une passion. Loin des fédérations sportives.

Moins de marche dans la journée, de longues heures assis dans son fauteuil à regarder des séries Netflix ou lire un livre, du grignotage, des gâteaux cuisinés pour passer le temps …

C’est impossible à quantifier, mais de nombreux Français ont découvert une passion pour l’activité physique durant cette période inédite. « Je ne faisais pas de sport avant car je ne prenais pas le temps. Je n’en voyais pas la nécessité (…) Je me suis rendu compte que ça me faisait un bien fou ! Ça remonte le moral et je me sens mieux dans ma peau », explique Thomas, étudiant en école d’architecture. 

Un grand merci à Clément Argoud, Hugo Baillot, Martin Boissereau, Matisse Bourdelle, Agathe Boussard, Lara Bouve, Salomé Chauvet, Charlie Courrent, Hugo Degouzel, Antoine Denis, Hugo Dupriez, Grégory Dyson, Benjamin Epineau, Jules Forêt, Louise Gerber, Antoine Guillet, Nicolas Lagoutte, Pierre Lann, Bastien Lejot, Mathias Merlo, Esteban Nomine, Lucas Rapi, Théo Troude, Adonis Vesin, Charles Yzerman pour leur participation à la rubrique.

La rubrique Sportivement.

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