L’industrie hippique française entre parenthèses

Le Coronavirus a eu raison des courses hippiques, arrêtées en France depuis le 17 mars. Du PMU aux centres d’entraînement, en passant par la presse spécialisée, le monde hippique vit au ralenti depuis quelques semaines.

En attendant de nouvelles compétitions en France, les amateurs de courses hippiques pourront toujours revoir les exploits de Ready Cash comme ici lors de sa victoire au Prix de France en 2011 devant Maharajah.

Après une période de courses à huis-clos, le monde hippique a dû lui aussi se conformer aux consignes gouvernementales. Il est au repos forcé depuis le 17 mars. 

Malgré tout, l’entraînement continue 

Impossible de mettre à l’arrêt les « athlètes à quatre jambes » pendant plusieurs semaines. Chaque matin, trotteurs et purs-sang suivent un entraînement adapté. « Les chevaux gardent un rythme de travail assez relax, ce n’est que de l’entretien en attendant que l’annonce de la reprise des courses soit prononcée », explique Vivien Amiot, cavalier d’entraînement chez Andréa Marcialis, à Chantilly. 

Pour certains effectifs, cette période permet de faire le point, en mettant quelques chevaux au repos à la campagne. Pour les jeunes chevaux de deux ans, l’entraînement a lieu cette année avec quelques mois d’avance. Pour d’autres, les semaines de confinement s’annoncent plus compliquées : le printemps est une période où les courses provinciales font leurs réapparitions, et où les « petites » écuries peuvent défendre leurs chances. Et à la reprise des courses, si la France copie le modèle danois avec des épreuves limitées à 10 partants, beaucoup de chevaux risquent de ne pas pouvoir courir immédiatement. « L’économie, dans notre milieu, va en prendre un coup, surtout pour les entraîneurs et les propriétaires. Je crains une explosion du nombre de partants à la reprise des courses, ça va être un sacré problème ! », ajoute le jockey. 

Vivien Amiot en course sur l’hippodrome de Redon (Photo : Jean-Michel Garnier)

Avec un possible déconfinement prévu le 11 mai, les sociétés mères, France Galop et Le Trot, devront articuler un nouveau programme pour les semaines à venir. Parmi les grandes épreuves qui pourraient être décalées, le Grand Steeple Chase de Paris, prévu le week-end du 16 mai. Dans les épreuves dites « de galop », la saison classique des trois ans sera également impactée : les réunions (ensemble de courses dans une journée sur un lieu donné) au Prix du Jockey-Club et Prix de Diane, ainsi que leurs deux principales épreuves préparatoires, les Poules d’Essai, initialement prévues le 10 mai, ne pourront se dérouler comme prévu. 

Les parieurs se tournent vers l’international  

Cependant, les courses hippiques ne sont pas totalement arrêtées dans le monde. Chaque jour, plusieurs réunions ont lieu en Suède, seul pays d’Europe où les courses se disputent encore. Ailleurs, en Australie, à Hong-Kong ou aux Etats-Unis, l’activité hippique ne s’est pas interrompue. Ces courses peuvent être regardées sur la chaîne Equidia, et depuis la fermeture des points de vente PMU, la prise des enjeux ne se fait que sur les différents sites des opérateurs de paris.

Un virage pris par la presse hippique. En dépit de l’arrêt des courses françaises, les médias hippiques continuent leur activité. Plus que jamais, le Groupe Paris-Turf souhaite informer ses lecteurs. « Depuis le 17 mars, le Groupe ne distribue plus aucun journal dans les kiosques, explique Sébastien Piazza, rédacteur en chef adjoint du média, en revanche, nous maintenons le journal Paris-Turf en version numérique. Tous les matins, en réunion de rédaction, on s’adapte au programme. Le choix des courses se fait au dernier moment. Nous avons une base de données qui nous permet d’être très fiable et efficace sur le suivi des courses à l’étranger. De mon côté, j’ai réussi à obtenir un accord avec la rédaction de Travronden [le principal média hippique suédois]. Nous avons donc l’avis des entraîneurs avant chaque Quinté quotidien. Je pense que c’est apprécié par nos lecteurs. Avec nos pronostics, on peut allier technique, verbatim et rédactionnel. » 

Après avoir travaillé sur un plan de reprise pour mi-avril, les sociétés mères ont revu leur copie après les dernières annonces gouvernementales. Mardi, elles ont annoncé être en discussion avec les autorités pour une reprise courant mai, à huis-clos. 

Lara Bouve.

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