Magda Wiet-Hénin, championne française de taekwondo : “Je n’imaginais pas préparer les JO dans mon salon”

Entraînement confiné, report des Jeux Olympiques de Tokyo… Magda Wiet-Hénin (24 ans), médaillée de bronze aux championnats du monde de taekwondo (-62kg) à Manchester en 2019, nous raconte son quotidien en cette période de confinement.  

Rue des confinés : Quelle est votre routine d’entraînement pendant cette crise sanitaire ? 

Magda Wiet-Hénin : J’ai la chance de vivre avec mon copain qui fait aussi partie de l’équipe de France de taekwondo. Comme on est deux, on peut se motiver, se défier. 

On a mis en place un programme d’entraînement via Zoom (NDRL : plateforme en ligne de visioconférence) donc ça rythme bien nos journées. On s’entraine du lundi au samedi, deux fois par jour et le dimanche est dédié à la récupération. Notre journée est axée autour de l’entraînement : on se lève, on s’étire, on prépare nos corps à la séance et on mange. On travaille par exemple régulièrement nos gammes « pieds poings ». J’ai aussi la chance d’avoir un jardin donc je passe beaucoup de temps en extérieur. 

R. d. C : Comment adaptez-vous votre entraînement ? 

M. W.-H. : Ce qui est pratique avec le taekwondo, c’est qu’on peut le pratiquer partout. Nous à deux, c’est plus simple même si là sur le carrelage du salon, ça commence un peu à faire mal aux articulations, aux genoux. Chez moi j’ai quelques protections corporelles mais pas de tapis. On essaie d’ailleurs de voir avec notre club pour en récupérer quelques uns. 

R. d. C : Et au niveau alimentation ?

M. W.-H. : A l’INSEP on a la chance d’avoir un self pour les sportifs de haut niveau. Alors, à la maison on s’organise avec des connaissances dans le milieu de la nutrition. Mais le plus dur c’est de ne pas trop grignoter. On est des épicuriens donc on a envie de manger des bonnes choses. Mais avec les entraînements, on a pas trop faim, ça nous aide à ne pas être trop tentés. Le week-end on se relache un peu. Le soir, devant la télé, on a toujours envie de manger des petits bonbons. Mais je pense que c’est important dans cette période de se faire plaisir. Si on commence à se priver, on va perdre la tête. On essaie juste d’être raisonnables pour ne pas avoir à repartir de zéro à la reprise. 

R. d. C. : Votre prochaine compétition ?

M. W.-H. : Normalement, ce devrait être le TQO (Tournoi de Qualification Olympique) mais il a déjà été reporté. Aucune date et aucun lieu ne nous ont été précisés pour le moment.

R. d. C. : Quelle a été votre réaction suite au report des Jeux Olympiques ?

M. W.-H. : Franchement, j’étais plutôt contente car je n’imaginais pas préparer les JO dans mon salon. C’est important d’être performant, on est des athlètes olympiques, on se prépare pendant quatre ans, et se retrouver aux JO sans pouvoir bien figurer parce qu’on ne s’est pas bien préparé c’est dommage. Je m’en serais voulue de ne pas avoir pu suivre la préparation adéquate. Les JO c’est aussi quelque chose de festif. Moi je veux que ma mère et toute ma famille viennent me voir. Et là, on aurait pas pu fêter ça comme il se doit. 

R. d. C. : Les JO de Paris 2024, est-ce l’objectif ultime de votre carrière ? 

M. W.-H. : En ce moment je suis sur une bonne lancée et je sens que j’ai vraiment mes chances d’aller chercher l’or olympique à Tokyo. Pour Paris 2024, c’est vrai que ça rapproche l’échéance et ouvre des perspectives… Mais pour l’instant, je reste focus sur le tournoi de qualifications et Tokyo en 2021. 

R. d. C. : Comment gérez-vous cette situation sur le plan financier ? 

M. W.-H. : J’ai la chance de faire partie du programme de la FDJ Sport Factory donc nous sommes bien soutenus. C’est un super dispositif. Je suis aussi en alternance au CIC et je reçois mon salaire. Finalement, je fais partie des sportifs peu médiatisés mais je suis une privilégiée car j’ai su me débrouiller. Je ne suis pas à plaindre. 

R. d. C. : Comment occupez-vous vos temps libres ? 

M. W.-H. : Habituellement le reste de l’année j’ai pas souvent le temps de voir ma famille donc là je profite d’avoir ma maman et mon petit frère avec moi. Sinon, au programme : yoga, lecture, et peinture. Je sais qu’après ça va repartir très fort…

Charlie Courrent.

Rubrique | Sportivement

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