Municipales : la fin du feuilleton politique de la pandémie ?

 Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé, ce vendredi 22 mai, que le second tour aurait finalement lieu le 28 juin.

« Un décret qui appellera les Français à se rendre aux urnes le 28 juin », c’est ainsi que le Premier ministre a annoncé vendredi 22 mai la date officielle du second tour des élections municipales, reporté depuis le début du confinement. La décision du gouvernement de maintenir le premier tour des élections municipales le 15 mars dernier avait suscité de vives critiques. Le second tour, qui devait avoir lieu une semaine plus tard, a été reporté et la date du nouveau scrutin s’est transformée en véritable casse-tête pour le gouvernement.

Edouard Philippe a donc préféré organiser la suite du scrutin le plus tôt possible, alors qu’il avançait encore la date de janvier 2021, le 19 mai, lors d’une réunion avec les chefs de partis politiques. Mais cette dernière option aurait nécessité de rejouer les deux tours des élections dans les communes qui n’ont pas élu leur maire dès le premier tour.

Or, le conseil scientifique, dans son avis du 18 mai, rappelait que « la tenue d’un seul tour de scrutin plutôt que deux, indépendamment des dates retenues, est de nature à réduire les risques sanitaires, au sens statistique du terme ». Le comité présidé par Jean-François Delfraissy appelle également à la prudence, et invite le gouvernement à ré-évaluer la situation sanitaire quinze jours avant la date annoncée, alors que 16 millions de Français sont appelés à se déplacer dans les bureaux de vote pour le second tour.

Procuration simplifiée

Mais le vote ne se passera pas dans les conditions habituelles. Le Premier ministre a précisé que le port du masque serait obligatoire dans les bureaux de vote, pour les organisateurs comme pour les électeurs, qui sont également appelés à venir avec leur propre stylo. La procédure pour établir une procuration de vote sera quant à elle « simplifiée au maximum » pour permettre aux résidents en Ehpad ou aux personnes âgées vulnérables de prendre part au vote malgré une injonction à rester confinés. Elles pourront, par exemple, demander « la venue d’un officier de police judiciaire à leur domicile pour établir une procuration ».

La campagne devra également être adaptée, pour éviter des activités habituelles telles que les meetings ou le tractage. Les mesures sanitaires mises en place lors du premier tour des élections, le 15 mars, seront par ailleurs maintenues : gel hydroalcoolique, distanciation, désinfection des surfaces…

Ces mesures n’avaient pourtant pas réussi à éviter la polémique sur le maintien du scrutin en mars, alors que le gouvernement avait annoncé la veille au soir la fermeture des bars et des restaurants. Après une période de flou, Emmanuel Macron avait annoncé, lors de son allocution télévisée du 12 mars, que les élections municipales auraient bien lieu. Une décision assumée et fondée sur le rapport du Conseil scientifique dans lequel on peut lire : « Si les élections se tenaient elles devaient être organisées dans des conditions sanitaires appropriées. »

Un second tour attendu

A l’issue du premier tour, 30 143 communes ont déjà élu leur maire à la majorité absolue et leurs nouveaux conseillers municipaux ont pu entrer en fonction le 18 mai . Mais pour près de 5 000 villes, un second tour sera nécessaire.

Voir aussi : Déconfinement : la responsabilité des maires atténuée ?

Pendant plus de deux mois de crise et d’incertitude, les maires sortants ont dû rester en place, même s’ils n’étaient plus candidats à une réélection. C’est le cas de la ville de Panazol, à côté de Limoges.

A Panazol, la ville reste dans le flou en attendant l’annonce d’une date pour le second tour des élections municipales, mais la campagne commence à reprendre progressivement.

Désormais, les communes vont pouvoir commencer à organiser les modalités pour ce second tour, qui marquera la fin d’une campagne à rallonge. Pour les villes qui ont déjà élu leurs conseils municipaux, les premières réunions pourront avoir lieu dès le 23 mai.

Au fait, comment ça marche les municipales ?

Pour les municipales, les électeurs ne votent pas directement pour leur maire. Ils votent pour une liste, dont le nombre de membres dépend du nombre de siège au conseil municipal de la ville. Plus la ville est grande, plus le conseil municipal compte de membres, plus les listes aux municipales sont longues. 

Les listes doivent obligatoirement être paritaires et avec une alternance « homme-femme-homme-femme » ou inversement. La tête de liste n’est pas obligatoirement appelée à devenir maire, mais c’est le plus souvent le cas.

Si une liste obtient plus de 50 % des voix au premier tour, pas besoin d’un second tour. S’il n’y a pas de majorité absolue, seules les listes qui ont obtenu plus de 10 % des voix peuvent se maintenir pour un second tour. Les listes qui ont reçu entre 5 % et 10 % des voix peuvent fusionner avec une liste qui a fait plus de 10 %. Un second tour aux municipales ne se joue donc pas exclusivement entre deux candidats.

Une fois l’élection terminée, les sièges du conseil municipal se partagent comme ceci : 
• La moitié des sièges revient à la liste qui a obtenu le meilleur score. 
• L’autre moitié se divise proportionnellement au résultat des autres listes présentes au second tour, ou qui ont obtenu plus de 5 % au premier tour.

C’est ce conseil municipal qui va ensuite se réunir pour élire le maire et ses adjoints.

Lucie Berbey

Une question sur la crise sanitaire ? Une information qui mériterait vérification ? Un doute à éclaircir ? Notre équipe de fact-checking vous répond.

Rubrique | Questions de confinés

Des réponses aux questions qu’on se pose en ces temps de confinement, du fact-checking, des infographies et de la data, le tout pour comprendre l’actualité.

Visiter la rubrique