Rugby : Fin de partie pour le LMRCV

Le 27 mars dernier, la Fédération française de rugby a décidé d’annuler toutes les compétitions amateurs pour la saison 2019/2020. Malgré de bons résultats, les sections féminines et masculines du Lille Métropole Rugby Club Villeneuvois (LMRCV) ont dû arrêter leurs saisons. Une situation inédite pour le club de Villeneuve-d’Ascq.

« Difficile de garder les sensations du rugby », admet la capitaine Laura Di Muzio. Depuis le 12 janvier dernier, l’équipe féminine du LMRCV n’a plus disputé le moindre match de Top 16 (1ere division). Une longue période sans compétition comparable à une « blessure » pour elle.

En manque de repères, l’internationale française « tente de maintenir le lien » avec ses coéquipières : « Pour garder le moral, j’ai lancé le « Fit et Fat » challenge. » Trois fois par semaine, Laura Di Muzio se transforme en coach de sport à domicile sur Facebook Live… à défaut de pouvoir retrouver le chemin des terrains.

Flou financier et sportif

Plus grand club de la ligue des Hauts-de-France en nombre de licenciés (530), le LMRCV figure parmi les institutions sportives phares de la région. Pour maintenir l’activité de l’école de rugby et de ses équipes masculines et féminines, le club dispose d’un budget conséquent (690 000 €).

Pourtant, le président du club Geoffrey Brément s’inquiète des difficultés de trésorerie : « L’arrêt total du rugby, c’est pour nous une catastrophe. Plusieurs événements étaient prévus au printemps pour nous ramener de l’argent. » Exit donc le tournoi des Vieilles Groles (compétition amicale pour vétérans) ou encore le challenge Emmanuel-Théry (tournoi international pour les 8-14 ans).

Pareil pour France-Irlande du tournoi des Six nations féminin. Initialement prévue le 15 mars devant 10 000 personnes au Stadium de Villeneuve-d’Ascq, la rencontre devrait néanmoins être reportée au moins d’octobre. « C’était super important pour le rayonnement du rugby dans la métropole et la région », affirme Geoffrey Brément.

Laura Di Muzio se soucie plutôt des répercussions sportives : « Ma plus grande inquiétude, c’est de voir des filles arrêter le rugby parce qu’elles se démotivent. » Difficile pour un jeune effectif de conserver l’envie jusqu’à la prochaine saison.

Pas de phases finales mais une montée en Fédérale 3

Avant la suspension de tous les championnats à la mi-mars, l’équipe masculine du LRMCV caracolait en tête de la division Honneur (6eme division) : treize victoires, un match nul, aucune défaite et 22 points d’avance sur son dauphin. La décision de la fédération d’entériner les accessions des équipes premières de leur division est justifiée pour Geoffrey Brément : « C’est une saison super satisfaisante pour nous avec la validation de la montée en Fédérale 3 (5eme échelon national). »

La seule pierre d’achoppement de la saison réside dans l’impossibilité de disputer les phases finales, regrette le président du LMRCV : « L’arrêt du championnat ne nous arrange pas… enfin il nous laisse un goût amer parce qu’on aurait aimé aller jusqu’au bout. »

Du côté de l’équipe féminine, le Top 16 était loin d’être achevé. Il restait encore cinq journées à disputer sur les quatorze du championnat. Quatrième de sa poule, le LMRCV se trouvait en position de disputer les quarts de finales. Un objectif que le club s’était fixé en début de saison. « Jouer les phases finales est une vraie motivation. On s’entraine toute l’année pour ces matchs », indique Laura Di Muzio.

La fin de saison décrétée par la fédération n’aura cependant aucun impact négatif pour le club la saison prochaine. Seul le manque de rugby affecte les joueurs-es du LRMCV. Pourtant, la capitaine et consultante de France Télévisions juge la situation avec du recul : « C’est frustrant mais cela reste du sport. Je relativise quand je vois mes deux parents travailler dans le médical. »

Grégory Dyson.

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